Modele de maison provencale

Inondée de douceur.

Couleurs, matières, objets : tout semble être un hymne à la nature, ici, près des bords de Marne. Entrer dans cette ancienne grange briarde est doux comme un joyeux souvenir d’enfance.

De ce lieu d’une simplicité extrême émane une atmosphère de quiétude et de paix. Une lumière délicate enveloppe cette maison simple et accueillante. Acquise dans les années 70, elle a gardé des éléments de décoration de ces années-là, liés à la grande vogue du naturel. Ils ont traversé les modes sans dommage. Des détails sont venus s’ajouter, au gré des tendances et des envies, donnant à la maison un caractère à la fois actuel et intemporel. Chantai, la propriétaire, dirige un atelier de tissage à Paris. Créative et curieuse, elle expérimente ses idées dans sa maison.

Maison de village de 1800

Le charme de la simplicité.
L’état actuel.

Proche de Pézenas, cette maison de village date de 1800. Elle est typique des habitations de vigneron construites dans la région, malgré le déplacement de la porte d’entrée et le percement d’une fenêtre contiguë, méchamment encastrée, elle aussi, dans le béton. La façade principale, orientée à l’ouest, donne sur une rue calme. Un jardinet arboré de 170 m2 se cache à l’arrière du bâtiment. Le logement actuel ne dépasse guère 100 m2, même en occupant, à gauche, l’ancien grenier à fourrage. Il peut être facilement agrandi en prenant sur l’ancien cuvier qui sert aujourd’hui de garage et occupe environ la moitié du rez-de-chaussée.

Maisons familiales et rurales

Les maisons tournent le dos au vent du nord.

Les maisons rurales opposent, de préférence, des murs quasi-aveugles au vent du nord, tournant leur façade principale à l’est ou au sud où l’ensoleillement quotidien est de moindre durée. L’habitat groupé a quelque peu brouillé ces principes, mais a conservé des murs épais qui protègent de la chaleur et induisent plusieurs sortes de volets. Ils sont en bois plein ou persienné, posés à fleur de mur ou bien en retrait, ce qui les rend plus faciles à manipuler, surtout s’ils sont pliants et en bois léger. Des jaunes, des gris pâles, des bleus clairs, des verts amande ou prairie colorent habituellement les menuiseries dans les plaines ou en bord de mer. La palette s’assombrit en remontant vers les causses, allant vers les tons bruns, plus ou moins calcinés, à l’image des murs dont les pierres restent le plus souvent à nu. Ils laissent apparaître les ressources de la géologie : grès, basalte, calcaire, ou bauxite au rouge profond au nord de Montpellier. La roche s’éclaircit bien un moment, du côté de Lunel, mais elle retrouve aussitôt un ocre soutenu en se rapprochant de Sommières. Les mas, par nature, restent isolés. Blocs allongés percés d’ouvertures régulières ou groupes compacts de bâtiments, ils se dissimulent derrière les micocouliers et d’autres arbres à feuillage caduc plantés au plus près pour apporter leur fraîcheur en été. L’habitation est souvent placée à l’étage, au-dessus de la bergerie. Elle est desservie par un escalier extérieur formant terrasse ou galerie. Ce qui a permis de reproduire facilement le modèle dans les zones viticoles en glissant les chais au rez-de-chaussée et en ajoutant des locaux selon les besoins, comme on peut le voir dans les grands domaines qui ont prospéré autour des villes. Néanmoins, les mas se méritent. Très recherchés, ils sont devenus chers, car il en reste peu à vendre, tandis que les constructions modernes prolifèrent à mesure que l’agriculture perd du terrain.

Nous avons demandé à des architectes de rajeun trois façades de l’Hérault. Voici leurs projets, simulés sur ordinateur pour anticipi le résultat des travaux. Ce sont des idées que vous pouvez adopter, si elles conviennent à votre région.

L’avant-toit projette une ombre dentée sur les vieilles façades qui puisent dans l’azur le bleu des volets.
Moulures, mascarons et ferronneries ouvragées : toute l’élégance du XVIIIe siècle dans les agglomérations viticoles.

Les règles du jeu.
• Les maisons que nous avons soumises à trois architecte de Paris et de Montpellier proviennent des fichiers d’agences immobilières. Nous ne pouvons cependant garantir leur disponibilité et leur prix de vente au mome de leur parution dans Art & Décoration. Situées au plus à 60 km de Montpellier, elles illustrent des types d’habita répandus dans la région, y compris les constructions modernes qui réclament un supplément de personnalité.
• Les rénovations préconisées concernent uniquement l’extérieur des bâtiments. Le coût que nous indiquons est approximatif et peut varier de 20 à 30 % au gré des entreprises.

Maison villageoise

Maisons de l’Hérault.

Architecture locale.
A l’origine était le mas, long bâtiment en hauteur apparu sur les plateaux du Languedoc pour répondre à la polyculture et à l’élevage d’ovins. Puis la vigne a envahi les plaines et les bassins, regroupant dans les villages la.plupart des vignerons.
Les environs de Montpellier grouillent ainsi de petites agglomérations où s’alignent d’étroites façades à un ou deux étages, marquées par la porte arrondie du cuvier, des crépis clairs aux tons de pierre et de hautes fenêtres entourées le plus souvent de surépaisseurs de mortier. Même simplicité du bâti pour les habitations plus cossues. Elles se distinguent par la noblesse des encadrements, droits ou cintrés, mais taillés dans la pierre et parfois richement sculptés. Les portes en bois sont pareillement ouvragées. Le fer forgé abonde sur les balcons et les garde-corps, frémissant de volutes et d’entrelacs.

Porte de maison villageoise. L’encadrement est ici en pierre de taille, avec un arc de style aragonnais.
La génoise emblématique, frise de tuiles rondes qui court sous les toits.
Une variante avec des carreaux de chant des génoises qui superposent les rangées de  céramique.

La tuile canal, omniprésente, réunit toutes les conditions sociales et déborde du toit à deux pans pour protéger la façade des ardeurs du soleil, comme de la brutalité des averses. Elle n’échappe pas tout à fait au souci du décor, accrochant des génoises qui superposent les rangées de festons sous les combles de chaque maison et ajoutent, ici ou là, des carreaux de céramique ou des dents de brique.

Décoration pour maison ancienne

La hotte de la cheminée, qui avait éclaté, a été refaite. Son socle a été rehaussé pour que la pièce ne soit pas enfumée. C’est, paraît-il, une méthode infaillible pour dompter ces cheminées qui tirent mal, lorsque le feu est au ras du sol. La cuisine « utilitaire » brille par ses carreaux vernissés récupérés dans une ancienne cuve à vin. Le salon d’été a remplacé l’ancienne cave à vins. Il en reste les murs de pierre sans crépi et surtout la monumentale porte cochère destinée à laisser entrer les comportes, ces cuves de bois servant au transport de la vendange. Elle est habillée d’une très belle structure en fer dessinée par les propriétaires mais exécutée par un ferronnier villageois. Le salon s’ouvre vers l’extérieur sans qu’on ressente le vide un peu glaçant des grands vitrages unis, parfois difficiles à intégrer dans les volumes des bâtiments anciens. De nombreux bouquets composés par la propriétaire des lieux, colorés et parfois mélancoliques étalent leurs corolles dans toutes les pièces de la maison. La belle vigneronne est devenue une maison « nature », décorée avec goût et patience, au fil du temps.

Une très vieille porte d’entrée, rongée par les ans, a été remployée comme porte de placard. Le couloir fait communiquer la cuisine du salon du jardin, au rez-de-chaussée. Au fond, une ancienne jarre à huile espagnole.

Ancienne maison de vigneron

La belle vigneronne.

Autrefois, sa porte cochère laissait passer les récoltes des vendanges. Aujourd’hui, le va-et-vient des amis fait revivre cette maison aux couleurs de terre, chargée du passé de la vigne.

Lorsque le ciel du Languedoc se couvre de nuages, les villages de pierre se font plus humbles encore. Cette ancienne maison de vigneron, basse, à la façade étroite et aux murs de pierres bâtis à chaux et à sable ne craint pas les foudres venues d’en haut.
Aveugle d’un côté, ses portes et fenêtres s’ouvrent sur un espace vert de taille modeste mais plein de surprises. Le figuier donne à profusion des fruits succulents. Le palmier s’agite dans la douceur de l’air, à côté de quelques oliviers. Les deux niveaux du jardin sont séparés par un petit perron entouré de buis taillés. L’ensemble évoque, en plus modeste, les jardins des somptueuses villas italiennes de la région des lacs de Côme ou de Garde. La maison était disposée à l’origine de façon classique. Les pièces d’habitation d’une part, et les bâtiments agricoles d’autre part : grange, paillers, cuve à vin et pigeonnier… Seuls les murs ont été conservés. Le reste a été refait, excepté la poutre faîtière du toit, restée légèrement fléchée pour donner du caractère. Quant aux tuiles romanes aux pâles harmonies de couleurs, la moitié d’entre elles sont neuves! A l’intérieur, famille et amis se réunissent sans s’astreindre à une convivialité obligatoire. Plusieurs pièces communiquent. On peut s’isoler pour lire, rêver ou bien au contraire rechercher plus de compagnie. La lumière joue sur les ocres et bruns des carrelages et des murs. Ces derniers ont été peints à la détrempe, mélange de pigments de couleurs, de colle de tapissier et de chaux, appliqué à l’éponge sur le mur nu (voir notre rubrique Gros Plan en fin de magazine). Les sols en pare-feuilles (terre cuite vernie) du rez-de-chaussée sont contemporains mais, à l’étage, dans la chambre d’enfant, demeure un superbe carrelage ancien, à la profonde couleur de brique cirée. Au rez-de-chaussée, l’ancienne cuisine a été préservée, avec son potager traditionnel ( meuble maçonné où l’on réchauffait le potage au charbon de bois). Il lui manque malheureusement les portes et les grilles.